En Vrac & sans Trac

textes & photos : ©RichardB

écoutez le trouvère – paronomase

Écoutez le trouvère
Qui de par l’univers
Contre tous et envers
Clame les mots de son calvaire

Écoutez le trouvère
Qui de ses larmes de vers
Claires comme le verre
Ose attendrir l’hiver

Écoutez le trouvèremort de rire !
Qui à l’abri des revers
D’un lourd manteau de vair
Se cache du diable Vauvert

Écoutez le trouvère
Qui au printemps le plus vert
Par l’automne recouvert
Annonce à tous une fin… en vers

paronomase ©RichardB

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2008 Posted by | Mes poèmes | Laisser un commentaire

La malédiction d’Edgar

Hoover – les petites fiches de…

Alors qu’en France est soulevé le scandale des notes de l’ancien directeur des RG, Yves Bertrand, je vous propose la lecture d’un ouvrage édifiant sur le monde souterrain du renseignement aux USA et en particulier sur le maître en la matière, Edgar Hoover. Cet homme a été le patron du FBI pendant près de… cinquante ans ! Imaginez l’un de nos ministres de l’intérieur (à votre choix, selon vos goûts..) demeurer aussi longtemps en poste et traverser les périodes gaullienne, pompidolienne, giscardienne, mitterrandienne et chiraquienne assis sur le même fauteuil, dans le même bureau, la main fermement posée sur fiches, cahiers ou carnets, récoltés soigneusement, classés méticuleusement, divulgués avec parcimonie et fine sélection.

Roosevelt, Truman, Eisenhower, Kennedy, Johnson et Nixon, voilà la liste des patrons successifs, du plus puissant pays du monde, chacun manipulés par les invisibles fils du marionnetiste Hoover

Il est vrai que l’époque de Hoover se prêtait mieux à cette longévité qu’on a du mal à imaginer de nos jours. Mais enfin, réduisons-en la durée et ne conservons notre homme super flic que dix ans en place. Imaginez quand même ! Froid dans le dos, non ?

hoover1Bon, je reviens à Edgar Hoover , américain, boss du FBI de 1924 à 1972. Une paille ! et encore, il a fallu qu’il meure pour libérer la place, sinon Obama… non, là ça fait trop, même pour ce surhomme  directeur du FBI en 1924 a… 29 ans. La mort n’était pas fichée par Hoover, il ne pouvait rien faire pour s’en sortir une fois de plus.

Notre homme donc est mis sous surveillance par Marc Dugain dans son livre : La malédiction d’Edgar. C’est Clyde Tolson, son homme de paille au FBI (le numéro 2 de la maison quand même), l’ami très fidèle (et très intime) que Marc Dugain  a choisi pour nous conter cette longue  et intéressante période de l’histoire des USA (et donc du Monde entier).

Et là, accrochez-vous, ça déménage dur dans les légendes kennediennes véhiculées dans les parterres people d’une époque en mal de héros.  Aucun président des Etats-Unis n’en sort indemne. L’homme du combat anti-communiste, celui qui adorait la politique mais refusait de se soumettre à la petitesse de l’acte électoral, celui qui a fait le FBI, celui qui a institutionnalisé les écoutes téléphoniques (sans jamais se faire prendre – « le Watergate a été réalisé par des amateurs »), celui qui tenait à distance la mafia (qui elle le tenait aussi, ah! cette photo de lui en compagnie de… ), cet homme là était un monument de la politique de la cité. L’homme des basses oeuvres, détesté de tous mais accepté par tous, démocrates ou républicains, par peur ou par volonté de puissance, toujours par intérêt. ©RichardB

2008 Posted by | LivresLus | Laisser un commentaire

à l’ombre d’Eux

« Le Général et le journaliste » Jean Mauriac Ed. Fayard

Jean Mauriac fut journaliste à l’AFP et détaché permanent de cette agence de presse auprès de l’un des plus grands hommes d’État français, Charles de Gaulle. De la Libération au départ de la présidence de la République en 1969, seul journaliste autorisé à fréquenter son environnement proche, il a suivi tous les grands déplacements du Général. Une position flatteuse et jalousée, avec, bien évidemment des contraintes, morales quant à son engagement personnel, et éthique quant à l’information délivrée, ou non, à ses patrons de l’AFP. Ce qui lui posa de nombreux cas de conscience et quelques décisions incertaines oscillant entre sa fidélité à l’homme politique et son professionnalisme.

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2008 Posted by | LivresLus | Un commentaire

L’élégance du hérisson

Inutile de vous présenter les personnages principaux de « L’élégance du hérisson  » (voir 4e de couv.), les critiques littéraires du livre de Muriel Barbery vous les ont déjà « vendus ». Vendus ! quel méchant mot pour des êtres humains, dirait Renée la concierge cultivée si pointilleuse sur l’usage de la langue française et si discrète sur ses dispositions intellectuelles. Oh ! ils ne méritent pas mieux ! répliquerait Paloma, l’enfant surdouée aux pensées profondes et à l’humour dévastateur. Bof ! rajouterait Léon le chat de la mère Michel en reformant sa boule de poil, sans un regard pour ses compères félins du 4e étage

Dans ce riche immeuble, de nombreux habitants défilent sous les yeux de la concierge, et les nôtres. Une chronique de la société bourgeoise qui mêle jeunes et anciens, socialistes caviar et catholiques déprimés, drogué et hystérique, livreur et conseiller d’Etat… Et tous affichent le masque de leur condition, de leur statut, de leur richesse. Et tous trichent !
Tous ? non, pas le dernier emménageant, le Japonais Kakuro Ozu, le maître des chats sus nommés. C’est mon préféré, même s’il ne se présente que tardivement dans le roman. Son arrivée va bouleverser l’ordre bien établi des comédiens de la vie logés au 7, rue de Grenelle. Il devient la renaissance espérée de l’adulte Renée et l’espérance retrouvée de l’enfant Paloma, faisant sortir de leur tanière secrète la « vieille » dame trop érudite pour une concierge et la fillette trop intelligente pour accepter l’enfermement bourgeois qu’on lui promet. Kakuro est l’être que l’on aimerait croiser dans sa vie, un être qui pénètre les esprits, rassure les âmes et sonde les cœurs, ravive la braise endormie, calme la flamme égarée.
Et puis il y a Manuela, l’amie fidèle de Renée, sans un brin de culture, un véritable cliché de femme de ménage portugaise traînant ses plumeaux et ses regards dans les appartements des « gens de la haute ». Manuela, la présence du thé des mardis et jeudis, la fée du logis qui dans sa basse condition voit les choses se dessiner et oeuvre pour qu’elles se réalisent.
Kakuro et Manuela au service de Renée et Paloma, c’est la leçon d’amour du livre. Et quelle fin ! triste, mais si belle.
Le chat Léon, « grosse outre obèse », s’en fout. Pense-t-il, lui aussi, comme Paloma que « C’est peut-être ça, être vivant : traquer les instants qui meurent » […] « Un toujours dans un jamais » ?

Un très bon livre, sans tomber dans « l’hérissomania » médiatique qui a suivi – précédé – son succès en librairie.

©RichardB

Une « pensée profonde » de Paloma (12 ans) : « Je ne vois que la psychanalyse pour concurrencer le christianisme dans l’amour des souffrances qui durent. »

Une analyse de Renée, sur l’autodidactie : « … elle fait l’offrande d’une liberté et d’une synthèse dans la pensée, là où les discours officiels posent des cloisons et interdisent l’aventure.« 

2008 Posted by | LivresLus | 2 commentaires