En Vrac & sans Trac

textes & photos : ©RichardB

La route

Cormac Mc Carthy prix Pulitzer 2007

Ou, quand l’humanité rejoint l’animalité pour créer l’humalité. Il est des livres qui vous tombent des mains, d’autres sont oubliés dès la dernière page refermée, d’autres encore restent promesse de lecture.

Certains, peu, vous marquent profondément. « La route » fait partie de ces petites merveilles qui fleurissent dans le champ des médiocres poussées littéraires annuelles. La personne qui me l’a conseillé m’avait prévenu : attention chef d’oeuvre ! Raison à toi Greg, merci pour ce judicieux conseil.

Bon, La route, en fait, c’est quoi ? L’humanité qui s’efface lentement, laissant force et désespoir occuper un monde dévasté, celui de Mc Carthy. Une route qu’empruntent un père et son fils, cheminement dans un espace irrémédiablement détruit, cheminement aussi dans l’horreur d’une société en ruine où toute valeur de devenir est bannie, où le seul espoir qui demeure est, comme le dit le père à son fils : « se lever le matin« .

C’est un livre désespéré, noir, sans cause établie ni raison fournie. Une catastrophe, des personnes jetées sur les routes, certaines victimes, d’autres bourreaux, tous pessimistes. La quête de l’homme et de son fils est de trouver des « bons ». Existent-ils encore ces hommes bons ou bien ne sont-ils qu’une invention du père pour cultiver un mince espoir dans le jeune esprit qui ne comprend plus son environnement, qui ne découvre que terribles traces des méchants ? Et pourtant, l’amour est partout, comme… pas encore inventé, ou comme préservé au fond de son caddie de fortune par le père. Un cadeau pour son fils. Pour l’humanité qui reviendrait.

Côté style, du nouveau aussi. Ecrit sous forme de chapitres assez courts, on ressent bien la terrible force du quotidien. C’est la seule réalité pour les personnages du livre.

Hier, oublié. Demain, n’existe pas. Dans La route, seul le présent est. Faites une petite réflexion sur ça et vous regarderez autrement la société qui vous entoure. Oui, je sais ! pour l’oublier aussi vite et se replonger dans le confort rassurant de notre société de progrès, de richesses et de générosité.

Que vous ayez vu le film ou pas, lisez La route. Vous ressentirez une autre émotion, beaucoup plus forte que celle délivrée (ou pas) par le film. Personnellement, je n’irai pas voir le film. La route est un livre qu’on devrait imposer à tous les râleurs du rien, aux défaiseurs du tout, aux insatisfaits permanents et aux sur-nantis de la vie.

Et pensez aussi, que, aujourd’hui, sur les routes actuelles, dans la vraie vie, même sans catastrophe de cinéma,  il existe hommes et situations du roman, à la recherche d’eau, de nourriture, de gîte. Une humaine affaire bien plus importante  et plus urgente à régler que… allez, même que le réchauffement de la planète.

©RichardB

extraits :

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2010 Posted by | LivresLus | Laisser un commentaire

Avatar… américain !

Avatar, le film qui « cartoon » ! Allez, je vous donne mon avis, à l’américaine, type Twitter en 140 caractères maxi :

en un mot : américain

en deux mots : magnifiquement stupide

variante en deux mots : stupidement magnifique.

Le jour où les américains demanderont (et écouteront) des scénaristes français pour leurs « grandes » productions,  on évitera peut-être ces nunucheries à deux balles – façon de parler, la place est à 13 euros, avec lunettes ! –  Des UScénari donc, dégoulinant de fausse poésie et de sentimentalisme anti-méchants blancs-qui font-du-mal-aux-gentils-sauvages qui ne  demandent rien qu’à continuer à vivre en mode écolo sans cette cochonnerie de progrès qui fait pas du bien à la terre en la réchauffant.

With the french touch, on aurait enfin des personnages réalistes, méchants un peu gentils et gentils pas tout clean… comme dans la vraie vie, quoi ! A quand les remake français des films grande production américains ? Non, je rigole !

Pour le moment, une fois la grosse batterie d’effets spéciaux et d’imagerie 3D digérée, une fois le battage médiatique type débarquement en Normandie ensablé, je ne pense pas qu’Avatar demeure dans les mémoires et qu’il crée la même file de fans que Star Wars ou Star Trek, ou l’estime cinématographique de 2010 (voire même de Dune).

Ben oui, il faut bien un vilain petit canard qui ne se laisse pas écraser dans les longues files d’attente popcornisées de monsieur Pathé.

Allez, que la farce soit avec vous ! RichardB

ps : ici aussi, on apprécie moyennement AAAaaargh !! ; et ici non plus : Le Point

2010 Posted by | CinéCinoche | | Laisser un commentaire