En Vrac & sans Trac

textes & photos : ©RichardB

Jour de cuite

Court et noir polar

Ne comptez pas sur moi pour vous narrer les détails de cette histoire, chaque fois que je buvais, c’était le trou noir. Mes jours de cuite commençaient toujours dans une réconfortante salle de bar, n’importe laquelle, pourvu que la provision de Gin y soit suffisante. Mes jours de cuite s’achevaient toujours par l’arrivée d’Eve, mon épouse, qui rappliquait au commissariat pour récupérer son épave de mari.
Eve, la grande fête des flics de service, fantasme de leur garde de nuit. Ah ! les yeux d’Eve, un vert de mer à surfer ! Ah ! les lèvres d’Eve, de la confiture de fraise ! Ah ! les fesses d’Eve… ça, c’est quand elle repartait, à mon bras. Non, moi à son bras, pauvre Adam encore dans les pommes. Et pas un galon qui ne bougeait pour aider la pauvre enfant. Service, service ! La galanterie, ils s’en tapaient. Quant à la vision callipyge que leur offrait ma chère épouse, elle les figeait dans un garde-à-vous inhabituel qui aurait surpris leur supérieur… et leur épouse.

Mais ce jour de cuite là ne s’est pas achevé ainsi, bol de café salé et sieste forcée. Ce jour, dans la villa au fond du parc, dans le petit nid d’amour où, jeunes mariés, nous nous préparions une vie à la Roméo et Juliette – avant qu’elle ne se transforme en combat de tranchées – ce jour là, un homme attendait le retour de l’épouse bienfaisante. Son amant. Le nouveau.


– Aide-moi à le monter dans sa chambre.
– Qu’attends-tu pour te débarrasser de cet ivrogne ?
– Je vous entends, vasouillais-je.
– Et alors poivrot, ton cerveau est une éponge imbibée d’alcool, tu ne te souviendras de rien dans deux heures.
Il n’avait pas tort, c’est bien connu, la mémoire de l’outre tombe.
– Comment as-tu pu te marier avec un tel énergumène ?
– Il n’était pas comme cela auparavant.
– Avant qu’il ne coule ses sociétés ou avant qu’il ne boive.
Encore un chanceux qui n’avait pas connu l’échec. Non, je ne buvais pas avant, mais j’ai trinqué, à la santé des racketteurs d’entreprises en déconfiture. Après ce fut l’enchaînement, les amis qui s’évanouissent, la famille qui oublie et, coup de grâce, le dernier soutien, l’amour qui s’en va râler dans les bras d’un autre. Et puis les tombées du nid en bar, la dérive, la bouteille à la mer, les vagues de Gin, un vrai naufrage.
– Et s’il chutait dans les escaliers, la tête la première ! Un accident d’ivrogne, c’est courant.
– Gérard ! Je t’en prie !
Gérard, quel prénom de beauf ! Ma tendre se diversifie, l’avant-dernier était avocat. Il avait d’ailleurs disparu soudainement et l’esprit libertin d’Eve en avait même connu quelque vague à l’âme. Elle en était presque redevenue sympa pendant quelques semaines, jusqu’à celui-ci, Gérard. Moins cultivé le Gérard, moins intéressé par les vielles pierres. D’ailleurs, quand on prononce ce prénom, on entend Coluche, ça rime avec connard. Était-il jeune ou empâté, grand brun ou blond dégarni, grande gueule ou sérieux ? Car il veut me balancer du premier étage le bougre ! Pourvu qu’une goutte de tendresse circule encore dans le jus de nymphomane qui inonde les veines de mon épouse. Je poétise, la mort est-elle donc si proche?
Au lieu de la dernière marche de l’escalier, c’est l’oreiller que j’ai vu foncer vers mon visage. Mon dernier souvenir de noceur, le “sale poivrot” que lança Gérard en me projetant sur le lit. Il était cinq heures, je le sais, mon regard s’était accroché aux aiguilles du réveil comme un presque noyé aux débris flottant.

Combien de temps faut-il à un fêtard pour recouvrer ses esprits ? une heure et demie. Et une minute pour être réveillé brutalement par les cris aigus d’une épouse affolée.
– C’est horrible ! Bouge-toi !
– Eve, excuse-moi, j’ai encore bu, c’est difficile de…
– Mon Dieu ! Alban !
Là, c’était trop ! Qu’elle appelle le bon Dieu, c’était déjà pas courant, mais qu’elle prononce mon prénom, sans qu’aucune grossièreté ne fuse dans la foulée, c’était inquiétant.
– Eve, ne crie plus, ma tête…
Elle arrêta de crier. Et se mit à pleurer.
– Oh Alban, aide-moi !
Ben voyons ! comme si j’avais la force d’aider quiconque. Je ne parvenais même pas à me débarrasser de ce lit qui s’accrochait à moi . Je pesais une tonne, et ma tête deux.
– Pourquoi ? Pourquoi ? disait et redisait-elle.
Bonne question. Pourquoi ? Mais pourquoi quoi ? J’ai vu, j’ai bu, j’ai rendu. Je suis fourbu. Pas nouveau et pas de quoi faire pleurer une épouse habituée à mes frasques.
– Eve, cesse de pleurnicher et raconte.
– Il est là ! Dans la maison ! Il est mort !
Dit entre deux sanglots, ça rendait mieux, c’était plus poignant. Mais qui était mort ? Je nous comptais, une, deux, il ne manquait personne dans la maison. A moins que…
– Y avait pas un abruti avec toi tout à l’heure ? C’est lui qui est mort, il est tombé dans les escaliers ?
Pas de réponse. Mauvais silence. Je ne me souvenais pas trop du bonhomme, un prénom qui ressemblait à un juron.
Re-sanglots, re-il est mort, re-mon Dieu, re-pourquoi.
– Où est le mort ? ai-je dit en me levant, dignement drapé dans mes vapeurs et dans le dessus de lit.
Un coup de menton m’indiqua la porte du couloir.
– En bas.
C’était préférable, il n’y avait pas de moquette au rez-de-chaussée. L’entendement humain est étonnant. On vous parle de crime, on pleure autour de vous, on imagine le sang qui coule et c’est la survie de la moquette qui prime. Il me fallait voir l’ex-vivant. Je n’avais pas peur. Des morts, j’en avais côtoyés, des dizaines, dans les cellules des commissariats ou les abris à S.D.F. Même qu’ils vivaient encore.
– Y a quelqu’un ?
C’était idiot mais rassurant. Pas dans le couloir. Et Eve qui continuait son arrosage de cils, affalée sur le lit.
– Y a personne ?
Autre version, plus insistante. A l’évidence, les meurtres ont toujours lieu dans les salons, je crois bien qu’il s’agit d’une affaire de cinéma, il doit être difficile de filmer des enquêtes policières dans les toilettes. Alors j’étais certain de le trouver en poussant la porte suivante. C’était horrible. Le corps sans chemise était éventré, le sang coagulé formait des champignons noirs sur la plaie, la pièce empestait. Gérard, ce devait être Gérard, le prénom prononcé par Eve lors de mon retour triomphal de la ville surgit des brumes de mon esprit. Mon pauvre Gérard, on se connaissait si peu, une montée d’escalier.
J’ai rendu ma bile dans le couloir, j’ai presque rendu l’âme en revenant près d’Eve qui avait séché ses larmes. Je la retrouvais, lucide, détestable, lame d’acier qui fend l’acier, regard qui refroidit les glaçons.
– J’ai prévenu la police, va dans le châtelet, me dit-elle.
– Mais que dis-tu, j’attends la police avec toi !
– Je t’en supplie, ai confiance en moi, je vais bien maintenant. Je t’expliquerai, plus tard, cette nuit.
Elle poussait ma douce et tendre. Lui faire confiance, moi, à elle !
– Alban, s’il te reste un peu d’amour, aide-moi et fais ce que je te dis.
Pourquoi me suis exécuté ? Parce que les yeux verts de cette fille me faisaient encore craquer, parce que mon cœur s’emballait toujours à sa voix ? Peut-être la nuit qui obscurcissait la campagne et mes idées. A cet instant j’ai eu peur, j’ai eu froid. J’avais besoin d’une main dans mes cheveux, caressante, rassurante. Et c’est ce qu’elle a fait. Mon drame c’est d’être sensible.
Alors j’ai couru à travers champ, vers cette presque ruine qui ne m’avait jamais vu arriver si vite. Un petit manoir, vestige d’une famille de noblaillons désargentés, devenu le symbole de la vanité qui nous engloutissait, Eve dans la folie des grandeurs, moi dans la désespérance de l’échec. En temps ordinaire je me traînais à la rencontre de la bâtisse, il est vrai que c’était pour travailler à sa remise en état, et je détestais cet endroit. Il pourrissait ma vie, un vampire, qui suçait mon compte en banque, pour l’ambition d’une princesse qui s’imaginait duchesse. Duchesse Eve du “Châtelet” Qui Tombe En Ruine ? Allez beau chevalier, bosse, ramène des ducats à la garce, triche, vole, pille tes sociétés. Je n’y suis pas arrivé. Tant mieux pour la morale, tant pis pour les rêves de la roturière. Et pour notre couple.

Je détestais cet endroit. Et pourtant, ce soir là, la grande salle aux murs de pierres me parut presque accueillante. Deux heures plus tard, mes yeux se rouvrirent d’un salutaire sommeil de post-cuite. Dans la nuit, le petit bois dressait le doux bruissement de ses feuillages entre le châtelet et la villa, entre la vie et la mort. L’éclat du gyrophare qui, quelque temps après mon arrivée, cadençait tel un métronome cette pastorale symphonie, s’était éteint. La police partie, tout rentrait dans l’ordre. Il devait être neuf heures du soir, d’ailleurs il était toujours “heure du soir” dans ma caboche. J’en avais marre. Je décidais de rejoindre Eve et de lui poser quelques questions. Pourquoi m’avoir incité à fuir ? pas normal. Ivrogne mais pas stupide ! Elle jouait avec moi ; Eve meurtrière ? Brrr ! il faisait froid. Et pas de Gin pour se réchauffer. A neuf heures de ma putain de vie, ce jour de cuite là, le monde a basculé.
Dans le salon, le pauvre Gérard s’étalait toujours, obscène et desséché, presque une momie. Où étaient les flics, l’ambulance, le labo, les journalistes ? Et la maîtresse effondrée, le visage noyé de larmes de désespoir ? Personne. La maison semblait déserte.
– Eve !
La panique revêt des aspects différents ; tout dépend de l’individu, de ses nerfs, de son caractère, de son statut social. Moi je n’avais plus rien, ni caractère, ni statut et mes nerfs étaient distendus par la boisson. Alors, je n’ai pas paniqué. J’ai effectué un tour d’horizon du salon et mon regard s’est arrêté sur l’entrebâillement de la porte de la cuisine. Un rai de lumière, un silence de mort – merci l’amant – et dehors le vent qui continuait sa musique dans les branches des peupliers, une ambiance de roman noir à la Rendell. J’ai poussé la porte. Sans grincement elle s’est effacée. Et la panique s’est jetée sur moi. Des yeux ont agrippé les miens, des mains ont transpercé mon ventre, fouillé mon estomac. D’aucuns auraient couru, vers nulle part, longtemps. Moi, je suis resté figé, face au mystère de cette femme encore, et à jamais, inaccessible. Elle était belle, ses longs cheveux recouvraient son visage aux traits détendus, le chemisier entrouvert découvrait sa poitrine lourde mais ferme, ses jambes nues n’en finissaient pas de s’allonger. Jusqu’aux chevilles, vers ses chaussures, renversées. Son rouge à lèvres était plus clair que le pourpre et gluant ruissellement qui coloriait le carrelage de la cuisine. Le sang de la vie s’enfuyait de son ventre. Comme Gérard, d’un magistral coup de couteau. Eve n’aurait plus d’amants, et moi d’emmerdeuse de femme.
Ce jour de cuite, je me suis assis dans un couloir sombre, entre le salon où se momifiait le corps de l’amant de ma femme et la cuisine, où ma femme baignait dans une mare de sang. Je n’avais plus rien dans le ventre, un goût de terre dans la bouche et dans les narines l’odeur de mort qui s’accrochait aux murs. Dehors le vent s’était renforcé d’une pluie tapageuse. Il fallait avertir les flics et… quels flics. Où étaient donc les occupants de la voiture qui éclaboussait la forêt d’éclairs bleus ? Ils avaient laissé une femme seule avec un cadavre, avant qu’elle ne devienne elle même cadavre, ils n’avaient pas couvert le corps de la victime, ni fouillé les alentours, jusqu’au châtelet ! L’évidence m’assomma – c’est une expression, rien ne pouvait plus m’assommer – la police employait certainement de nouvelles techniques d’investigations et n’envoyait que des gyrophares sur les lieux des crimes.
J’avais besoin d’une douche et d’une dizaine d’aspirines. Je me dirigeais vacillant vers le téléphone, la pendule qui trônait sur le meuble de l’entrée me fit un clin d’œil complice.
– Ouais, Commissariat central, j’écoute !
La douceur poétique de mon interlocuteur déclencha en moi un réflexe de profonde intelligence instinctive, qu’on appelle la trouille je crois. Je raccrochai le combiné en bafouillant quelques excuses. J’avais trouvé le coupable et j’allais le livrer à la police, j’allais me donner ! Cocu, ivrogne, jaloux, violent, chômeur ; un suspect de première. Je, tue l’amant, sermonne l’infidèle, va se calmer dans le parc, éteint les lumières du châtelet et pas certain du tout que la garce ne le dénoncera pas revient l’occire. Je, est coupable. Et pas de quoi me payer un avocat digne de ce nom, j’étais fauché, tout appartenait à l’ex-future châtelaine. Elle ne me couchait plus dans son lit, alors pensez donc, sur son testament !
Les aspirines font effet environ trente minutes après leur prise, je l’ai lu dans «Sciences & vie». J’y étais, vingt deux heures, que la réflexion soit. Une pensée pour le premier mort ; pauvre Gérard, si vivant quand il me traitait de poivrot et maintenant sec comme mon gosier. Sec ! mais un cadavre frais n’est pas sec ! Il y a des évidences qui vous frappent, comme le cri des fourmis qu’on écrase, la nuit, les yeux plantés dans les étoiles, un Walkman sur les oreilles et des bottes en caoutchouc aux pieds.
Le mort ne l’était donc pas d’aujourd’hui, ni d’hier. Ce n’était pas donc pas Gérard, le déménageur de l’escalier ! Voilà l’idée, bon Dieu c’est bien sûr ! Je me précipitai dans le salon. Il était encore là. Un œil fermé par une grimace de dégoût, je glissai ma main tremblante dans la poche arrière de son pantalon. Sans scrupule pour la vie privée, pardon, la mort privée du défunt, je lui piquai son portefeuille. Cinquante balles ! une seule carte de crédit, un original. Eve, ton mort s’appelait Daniel Desfons. Je fis l’appel des présents : Eve, mon épouse, j’avais reconnu le corps comme on dit ; l’autre, Daniel Desfons, avocat de profession, tiens ! n’était-ce pas l’avant-dernier, l’ex, celui qu’elle avait tant regretté. Je complétais la liste : moi, le mec qui devait réfléchir, vite et bien ; à haute voix même, cela ne dérangeait plus personne.
Manquait quelqu’un. Gérard, le vrai, le bon samaritain qui avait soutenu ma fatigue quotidienne quelques heures auparavant. Où était-il celui-là ? Et ce Daniel, de quel cave humide sortait-il pour polluer mon salon ? Avocat et amoureux des antiquités, un passionné de vieilles choses. Peut-être vrai, mais il appréciait certainement aussi les belles et remuantes choses. Et quand Eve m’annonçait qu’elle étudiait les sous-sols du châtelet avec un ami, pendant tout un week-end, don’t disturb, ma naïveté alcoolisée n’en était quand même pas dupe.
Deux amants, une maîtresse, un mari, un vrai passionnel de roman. Mais qui frisait l’irrationnel. Pour quelles raisons ce carnage ? Qui peut donc exhiber un cadavre écorché ? Qui peut tuer un témoin, ou une complice, et oublier le mari dudit témoin ? Presque vexant !
Réponse : un mec à sang froid, comme ses victimes. Réponse deux : Gérard ; l’absent, pourtant si présent par ses actes.
J’errais un temps dans le couloir de la villa. La porte de sortie m’appelait, “fuis, fuis, quitte cet endroit de mort, fuis !” disait-elle. Avec Interpol aux fesses, et la vision permanente d’un étalage sanguinolent ! Fuir, et pour oublier où ? Non, il me fallait prouver l’existence de Gérard. Ma tranquillité dépendait de lui, pour le restant de mes jours.
Je ne pensais pas si bien dire. Un bruit, un frottement, interrompit ma réflexion. Pas loin ce bruit ! dans le couloir, à un mètre derrière moi. Je me suis vivement retourné et je l’ai vu, enfin. Gérard était grand, jeune, brun, souriant ce qui atténuait un peu les traits de brute épaisse qui alourdissaient son visage. Eve, tu n’avais pas choisi le bon complice ma belle, tu l’as compris trop tard. Comme moi.
Il a pointé son revolver, un 357 magnum, une belle arme, la même qu’utilisent les policiers, et, après m’avoir gratifié d’un sympathique “crève poivrot”, il m’a tué.
Il n’y aura plus de jour de cuite.

Le MOnde, 9 mars 2001. Un reportage de Roxane Boumet

“Unité de lieu : un petit manoir à l’histoire noble mais ténébreuse, une saison pluvieuse et triste, une forêt balayée par les bourrasques de l’hiver finissant et le ballet des fourgons de la police traçant des pistes dans le gravier de la grande cour. Unité de temps : une nuit et trois vies. Unité d’histoire : une femme et un homme tués, leur assassin abattu par un courageux policier.

Hier soir, la police est alertée par l’appel téléphonique d’une femme désespérée. Un inspecteur, par hasard en tournée dans les environs, se rend immédiatement sur les lieux mais ne peut que constater l’horreur de la situation. Deux corps se trouvent dans une villa, celui de la propriétaire des lieux et celui d’un homme d’une quarantaine d’années que l’on suppose être l’amant de la défunte. Le meurtrier était encore dans la villa et l’inspecteur Potel n’eut pas d’alternative et tira sur le forcené qui l’attaquait, armé d’un impressionnant couteau. Le tueur était le mari trompé. Banale affaire de sentiments bafoués ? pourtant, les enquêteurs, découvriront dans le petit manoir en restauration situé à proximité de la villa, une fortune digne d’un musée. Peintures, sculptures, documents, livres anciens, toute la succession du comte de Rougepont, l’ancienne famille propriétaire du petit château, est mise à jour. Cette même fortune qui a si longuement alimenté les colonnes des quotidiens du siècle dernier. Complète, peut-être pas, car trois coffres contenant le bas de laine aristocratique ont été récemment fracturés et vidés. Ils contenaient certainement des pièces d’or. Le mari alcoolique, déjà condamné pour fraude fiscale, s’est débarrassé du rival et de son épouse, non sans, par pur sadisme, avoir offert au regard de cette dernière le cadavre pourrissant de son amant. La plus terrible des horreurs, la perversité à l’état brut. Le courageux policier a dérangé le meurtrier sans malheureusement changer le sort de deux êtres qui ne faisaient que s’aimer et occuper leur passe-temps dans une course au trésor fatale. Leur mémoire se perpétuera dans ce châtelet qu’ils ont tant aimé et qui sera sauvé des ruines grâce au patrimoine retrouvé. Et le mystère de la fortune des Rougepont s’effacera dans les esprits, remplacé par une interrogation que cette histoire sans survivant laisse en suspend : où le mari jaloux a t-il caché les pièces d’or des Rougepont ? La rumeur parle de plusieurs millions de francs or, mais la police n’a pour le moment aucun élément à communiquer. L’inspecteur Potel, Gérard de son prénom, héros de la nuit, nous le confirmait, en nettoyant son Magnum 357 de service.

© RichardB

2010 - Posted by | Mes Nouvelles

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