En Vrac & sans Trac

textes & photos : ©RichardB

Un grand moment de théâtre

Un extrait (et quel extrait !) de ART, pièce de Yasmina Reza,

avec les trois remarquables comédiens Pierre Arditi, Fabrice Luchini et Pierre Vaneck.

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2013 Posted by | Oh ! moi | Un commentaire

Trouvez-vous normal que…

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Trouvez-vous normal que… seuls, deux petits pays d’Amérique du Sud soient privés d’accès aux océans qui bordent le continent ? En effet, pas de ports ni de marine nationale (quoique), pas de plages ni de surf, pas de brise de mer ni de hautes marées pour le Paraguay et surtout pour la Bolivie pourtant si proche du Pacifique. Allons, Péruviens et Chiliens, un petit effort, offrez donc un couloir maritime à vos voisins, donnez-leur accès au commerce maritime et aux joies des batailles navales. téléchargementimagesLeurs voisines de l’Est, Brésiliennes et Argentines, sont quant à elles disposées à offrir leurs plus beaux maillots de sable chaud pour le grand plaisir de leurs gauchos.

Drapeau France Coq Football

Trouvez-vous normal que… l’on nous bassine sans cesse depuis des lustres pour savoir qui de la poule ou de l’œuf est arrivé en premier ? Alors que la réponse est si évidente, c’est le coq !

Trouvez-vous normal que… certaines personnes, dont beaucoup de journalistes, alourdissent notre déjà pesant quotidien avec le trois fois redondant pléonasme  : au jour d’aujourd’hui ? Est-ce pour accentuer le catastrophisme ambiant qui accable notre pays en ces terribles jours de crise ? Pensez donc : au jour, ça va pas ! d’aujour, pas mieux là ! d’hui, on vous l’avait bien dit, trois fois foutus vous êtes. As of the day today !

Trouvez-vous normal que… nous portions tous fièrement des jeans fabriqués au Bangladesh ? Non, certainement, mais que faire ?

Trouvez-vous normal que… nous, assidus téléspectateurs sportifs, supportions chaque année cette inquiétante recrudescence d’insupportables cris de femmes en furie, en nage et en jupette ?

2013 Posted by | Oh ! moi | 4 commentaires

Le vrac du jour

En vrac et sans trac, voici quelques petites réflexions personnelles, à lire au premier degré. Ou au douzième, ça, vous voyez avec vous-même. Elles sont souvent issues d’une actualité récente, parfaits exemples d’associations d’idées gratuites en émergences nocturnes. Elles ne se sont que mèches et pas dynamite. D’ailleurs, je ne suis toujours pas d’accord avec moi-même quant à leur qualité intellectuelle, leur caution morale voire leur simple intérêt de parution. M’enfin, faut bien remplir d’encre l’espace libéré par les pensées qui s’envolent sinon le cerveau n’y trouve plus son compte et se désertifie à grande vitesse.

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– ¤  –

La beauté intérieure de la callipyge n’existe… que de face.

IMG_0130J’aime la chouette, ce charmant petit animal en danger d’extinction, avec ses grands yeux adorables, son balancement délicatement chaloupé, sa triste solitude nocturne. Je hais la maudite chouette du bois voisin qui commence à me les briser menu toutes les nuits avec son hululement infernal. Qu’elle le trouve son hibou chou, et vite !

Certaines personnes ont le sommeil agité, ce qui perturbe un peu leur vie.                     Certaines personnes ont le réveil agité, ce qui perturbe beaucoup la vie des autres.

liseurs entiereSous l’oreiller d’un dormeur, on peut trouver : un mouchoir morveux, un préservatif paré à l’emploi, le dernier manga érotique, quelques économies – plus rare, parfois un doudou d’adulte. Voire même un pic à glace ou un 38 Magnum.
Moi, j’ai un petit dictaphone, qui permet aux saccades de mes nuits de noter quelques pensées très profondes comme :  » Sous l’oreiller d’un dormeur, on peut trouver : un mouchoir morveux, un préservatif paré à l’emploi, le dernier … ».

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Les temps changent. 1968, il est interdit d’interdire !              2013, période d’autorisation d’interdire ? Ou d’interdiction d’autoriser ? Notez la ponctuation prudente, type grand média. Faut pas me faire dire ce que je n’ai pas dit.

En cet intense et si désagréable conflit sur le Mariage pour tous, je ne comprends pas que personne n’y ait pensé. J’ai LA solution : la bigamie. Quoi ! on ne pourrait pas aimer deux personnes et vouloir partager une vie longue et heureuse avec elles ? Certains(es) en aiment bien plusieurs, les uns après les autres ! Et puis les conflits seraient enfin résolus entre les tenants de l’amour libre prôné par les soixante-huittardés et ceux de la position missionaro-procréative ! L’amour serait trois fois plus partagé, telle la volonté du Messie, et la nouvelle communauté ainsi créée, le triouple*, encore plus républicaine puisque un vote serait nécessaire pour trois avis émis.
Les enfants auront papa et maman à gogo et plus besoin de PMA, GPA ou autres pour enfanter. Petit garçon aura un papa pour le sport et un autre pour les devoirs ; petite fille aura une maman cuisine et une autre fashion victim. Maman pourra travailler pendant que maman restera à la maison. Nota : propositions à inverser selon les critères de chacun-chacune et suivant les tendances morales et éducatives… Ouf ! je l’ai échappé belle là !  Problème où achoppe cette lumineuse idée… le nom à attribuer aux enfants. Et le divorce ! qui deviendrait un trivorce* ! Procédure déjà bien compliquée avec un homme et une femme, plus ardue encore avec deux personnes de même sexe ; avec un triouple cela deviendrait un casse-têtes d’école pour notre code civil et les technocrates de Bercy. Pourquoi les Finances ? et bien parce que, au final, tout finit dans la proue du Navire sur Seine. Hétéros, homos, trios, mariés, pacsés, unionistes libres, tous passent à la casserole fiscalisée des asexués de Bercy. Ça n’en deviendra que plus compliqué, mais on aime tant les complications en France. Allez, je vous laisse, mes épouses m’attendent.                             * Nouveaux concepts dont je revendique la création sans certitude d’en être le premier auteur. Les droits d’auteur seront versés directement sur mon compte aux îles Crocodiles, merci.

Agoniser sous les injures, c’est agonir à mort ?

mort de rire !

Avec une longue-vie, voit-on la mort de plus près ?

©RichardB (clic sur photos pour agrandir)

2013 Posted by | Oh ! moi, ce que j'en dis.... | 2 commentaires

Mémo de mes mots aimés – 3

VOYOU

Je n’aime pas trop les voyous, mais j’aime bien le voyou, ce garnement qu’on attrape par les oreilles, cet ado qui ose sa première cuite ; et cet homme qui belmondise les femmes par un ensorcelant  toc toc ! v’là l’amour ! 
Un voyou qui ressemblait à belmondo
mon amour vint à ma rencontre
Et le regard qu’il me jeta
me fit baisser les yeux de honte.    Alcools (1913), Guillaume Apollinaire

Le voyou est quand même bien plus sympathique que ses acolytes d’ombre et de rue. Le coquin n’a pas d’importance, la canaille pas d’honneur, la crapule pas de morale, la fripouille pas de honte et le truand pas de scrupules. Seul le chenapan le rivalise en empathie.

 « Le vent a les yeux d’un voyou et les mains d’un ange. »  Pascal Quignard. 

Le voyou a de la littérature, du cinoche et même de la musique.

Le voyou préfère les voyelles, quatre sur cinq ! Le brigand et le bandit penchent plutôt pour les consonnes. Mais il ne faut pas se tromper, l’encre de leurs exploits se teinte toujours de filouterie, mensonges et tricherie.

1-cahuzacEt la tenue du voyou, qu’est-ce qui la différencie de celle d’un escroc ou d’un tricheur ? le costume et la cravate de ces derniers, surtout en affaires et politique ? Difficile en effet de cravater un voyou en cravate, son tour de cou de prédilection étant surtout col roulé ou chemise grande ouverte ! 

Ma joie serait grande de le pouvoir nommer fripon, fripouille, canaille, crapule, voyou, filou, jolis noms chargés d’évoquer ce que par dérision vous appelez un joli monde. Journal du Voleur (1949) de Jean Genet

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GRATIFICATIONS

gustave Dorépourboire – cadeau – don – prime – commission – avantage – pot-de-vin – dessous de table – largesse – jetons de présence – stock options – chèque – liquide – enveloppe – mallette – valise – étrenne – faveur – boni –  bonus – arrosage – largesse – bakchich – commission… pfff ! suis épuisé là !

« Pendant que je le pressois inutilement de m’accorder une gratification, il s’avisa d’en proposer une à Platon qui ne l’accepta point. Je dis tout haut : le roi ne risque pas de se ruiner ; il donne à ceux qui refusent, et refuse à ceux qui demandent. » 
Voyage du jeune Anarchasis en Grèce dans le milieu du 4e siècle avant l’ère vulgaire. Abbé jean-Jacques BARTHÉLEMY 1788

 ©RichardB

2013 Posted by | Mémo de mes mots aimés | Laisser un commentaire

Mémo de mes mots aimés – 2

SENTINELLE
route de Barjols VarLa sentinelle est un gardien. Mais ce dernier est ancré au sol, comme ses camarades guetteur, veilleur, factionnaire et tous les nouveaux cerbères, agent de sécurité, vigile et maton. Pensez donc, même la vigie qui tente désespérément de s’élever dans les mâtures, n’atteindra jamais la légèreté de la sentinelle. Car la sentinaile se sait aérienne, elle est ange… gardien.

« D’autres [oiseaux de mer] se cantonnent sur un rescif, et, sentinelles vigilantes, élèvent pendant la nuit une voix lugubre, pour écarter les navigateurs. »   Chateaubriand – Génie du christianisme.

La sentinelle est féminin, tout est satin en elle. C’est une douce veille, ses armes sont vigilance et discrétion. La sentinelle protège, alerte, rassure. Envoyée spéciale d’un homme, d’un roi ou d’un dieu, elle est à l’avant de l’Histoire, croisant  le destin de ceux qui accordent confiance.

« Mais l’iniquité est en sentinelle à la porte de l’abyme, elle n’y laisse entrer que ce qui peut agrandir le royaume de la corruption. »   L’Homme de désir – Louis SAINT-MARTIN 1790.

Un jour peut-être, les hommes enverront des sentinelles dans les galaxies voisines. Au risque de les voir se confronter à d’autres sentinelles, ou de se croire sentinelles du dieu homme.

« Mille flots passeront pour qu’un seul flot surnage.
IMG_0161C’en est fait : un seul homme a, pendant leur sommeil,
des peuples usurpé la place à leur soleil.
Qu’ils dorment ! Pour eux tous, ardente sentinelle,
le jeune consul veille en la cité nouvelle ;
et sur sa mappemonde, armé de son compas,
il débrouille en un jour le chaos des états ;
ou, penché sur son globe, il rapproche à sa guise deux rivages. »
   
Napoléon – Edgar QUINET 1857.

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PORTILLON


352059-gh483391338-620x0-2Petite porte ; donc légère, facile à ouvrir ? Pas si évident, surtout quand tout le monde s’y bouscule ! 

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Parfois même, franchir un portillon c’est un Rubicon quotidien, demandez aux Parisiens si métropolitains ! Et payant ou non, il faut bien le passer ce portillon, élu ou pas.

photo empruntée à : http://bastian.blog.lemonde.fr/files/2007/10/portillon.1192878525.jpgMais tout ça, c’est portillon de ville ! les nôtres à la campagne sont si charmants. On imagine le portillon poussé par le Grand Meaulnes pour retrouver la dame de ses rêves. On pense à celui en bois moussu qui nous sépare du pré boueux des vaches paissant.

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 Plus tard, on imagine notre portillon vaniteux se vouloir portique au bleu du paradis ou même porte noire de l’enfer. 

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2013 Posted by | Mémo de mes mots aimés | Laisser un commentaire

Mémo de mes mots aimés

Beaucoup d’auteurs se sont essayés dans la récolte des mots. Certains en ont fait une analyse psychologique, sociologique ou tout simplement étymologique.  D’autres, tel Bernard Pivot, en ont retenu l’aspect émotionnel, voire passionnel des mots de leur vie. Sartre dit s’être construit en et avec les mots. Perec s’est amusé à les casser, alors qu’un autre prend les mots pour des fenêtres… ou des murs. Jacqueline de Romilly en fait la survie de l’humanité contre le retour de la barbarie. En effet, que devient une belle idée sans mots pour l’exprimer ? La force et la richesse des mots permettent d’offrir à tous les plus belles des pensées humaines. Mais la même force peut se retourner contre la pensée, les mots ne sont plus alors que de pauvres véhicules de haine et de pouvoir.

Mais revenons à l’amour des mots. Comme Pivot, c’est une belle idée que de faire un mini inventaire de ses mots favoris, de ceux qui ont marqué certains moments forts d’une vie, ou bien tout simplement de ceux qui vous « parlent » ; de par leur sonorité ou leur silence, leur brièveté ou leur langueur, leur force ou leur douceur, leur couleur ou leur musicalité. Des mots de sentiment, d’action, de réflexion ou de description ; des mots courts qui claquent, longs qui se traînent, plats qui se confondent, durs qui confondent. Des mots tiroirs ou valises, des mots solitaires ou composés.

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Je vais m’y atteler de ce pas, au galop même puisque déjà certains mots se bousculent pour être de la fête. Tiens ! un favori, sentinelle ! Allez savoir pourquoi lui ! quelques séances sur un divan pour lui faire avouer ? Pas le temps ! bof ! double tout le monde avec ses trois petites lettres désabusées et son point d’exclamation qui les redynamise. Et déjà le portillon de la liberté des mots s’emballe pour l‘aventure. Tout ça est remarquable, mais quelle mission !

Bon, à mots couverts, je vais laisser mûrir l’idée sur ce Mémo de mes mots aimés. Je reviendrais avant qu’ils ne soient tous rendus obsolètes par les textos, msg, sms et autres gazouillis étranglés de Twitter. ©RichardB

2013 Posted by | LivresLus, Mémo de mes mots aimés | Un commentaire

Vraiment, les politiques nous interjectent !

– Ho ! c’est un vrai scandale !     – Hi ! Hi ! je l’avais déjà dit !    – Ah ! bon !      – Hé ! Hé ! ça va faire des remous !       – Oh oui !       –  Ha ! Ha !  Ha ! quelle déconfiture !         –  Heu ! ben  j’savais pas !         –  Ô rage, ô désespoir !          –   Pôvre France !       – Bof ! 

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Ha !    est particulièrement employé pour exprimer la surprise et l’étonnement.
Ah !    exprime la joie, la douleur, l’admiration, la commisération, l’impatience.
Oh !    s’emploie dans l’exclamation.
Ho !    marque l’étonnement.
Ô !      sert à marquer les autres passions, les autres mouvements de l’âme.
Hé !    sert principalement à appeler.
Eh !    exprime l’admiration, la surprise.
M’enfin ! est un spécial Gaston Lagaffe… repris par certains politiciens particulièrement brillants.
Comment ! Moi mentir ? Jamais !    dernière trilogie à la mode.
Quoi ! on m’aurait trompé !   reprise d’une ancienne interjection qui induisait d’erreur à son insu celui qui la proférait.
Moi ! Moi ! Moi !      Attention danger ! ceci est un faux ami ! Il s’agit d’une anaphore qui veut se faire passer pour une interjection d’espoir. A fuir !

Ici, une récapitulation des interjections françaises, qui généralement précèdent ou suivent les interrogations que les gens du pays se posent, en particulier sur leurs élus.

Oups ! glups ! grrrr ! pas pensé à vous dire que la vidéo dure… une heure. Bof ! ça ou un discours présidentiel !

2013 Posted by | Oh ! moi, ce que j'en dis.... | 2 commentaires

Manuel de l’intrigant

 Avant d’attaquer le Prince de machiavel ou Le Traité de la République de Cicéron, nos candidats-président ont certainement tous lu et relu ce petit texte donnant moult conseils pour gagner une élection. N’étant pas encarté dans un parti politique, aucune chance pour moi d’accéder à un quelconque consulat, avec ou sans le manuel de Quintus. Mais sa lecture est amusante tant, malgré ses plus de deux mille ans d’ancienneté, rien ne paraît avoir changé dans les moeurs politiques de nos « hommes de la Cité ».   Ah ! si, peut-être, on y a ajouté dans nos arènes modernes la complexité féminine, ce que les Grecs et Romains s’étaient bien gardés d’oser, les couards !

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 C’est presque chaque jour qu’il te faut, en descendant au Forum, méditer ces pensées : je suis un homme nouveau, je brigue le consulat, ma cité est Rome. Quintus Tullius Cicero incitait-il son frère à envisager son avenir politique chaque matin… en se rasant ? 

Militaire et écrivain romain, il est le frère cadet de Marcus Tullius Cicero, le célèbre orateur Cicéron. Il a écrit une lettre à l’usage de son frère qui se présentait au suffrage pour le consulat de Rome. Partant de sa propre expérience, Quintus Cicero énuméra dans ce Manuel du candidat une liste des affaires qu’un postulant se doit de ne pas omettre ni contourner. On saisit bien les buts politiques de ces conseils calculateurs et dénués de toute morale. Ils sont toujours d’actualité et pas seulement à Rome. Certains candidats les appliquent même… tout au long de leur mandat d’élu. Au lieu de gouverner ? Probable, car dans un pays sur-électoralisé comme la France, gouverner c’est prévoir… le prochain combat électoral.

1-fhDeux moyens de succès partagent les soins d’un candidat, le zèle de ses amis et la bienveillance du peuple. L’un est le prix des bienfaits, des services, de l’ancienneté des liaisons, de l’obligeance et de l’amabilité naturelle. Acquérez, en un mot, des amis de toutes les classes. […] l’autre partie de vos soins, qui a pour objet la faveur populaire. Elle se compose de la nomenclation, de la complaisance, de l’assiduité, de l’affabilité, de la renommée et de l’espoir public. Les gens des municipes et de la campagne, il suffit que nous les connaissions par leur nom pour qu’ils croient être de nos amis (la fameuse nomenclation).

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La flatterie : chose qui, si elle est vicieuse et honteuse dans les circonstances ordinaires de la vie, est en revanche indispensable dans la campagne électorale. Il faut feindre de manière à paraître le faire naturellement.

Deux préceptes liés :
… tout ce que tu envisageras de faire, tu montres bien que tu le feras avec zèle et bonne volonté ;
… tout ce que tu ne peux pas faire, ou bien tu le refuses avec grâce, ou bien tu ne le refuses même pas du tout.

Justice ?  Et puisqu’en ceci surtout la cité est vicieuse que, la corruption s’en mêlant, elle ferme d’ordinaire les yeux sur le mérite et le prestige, en ces affaires, fais en sorte de bien te connaître toi-même, c’est-à-dire de comprendre que tu es toi-même homme à pouvoir inspirer à tes concurrents la plus vive peur de procès et menaces judiciaires

Le bouquet final : Enfin, prends bien soin que toute ta campagne soit pleine de pompe, brillante, splendide, populaire, qu’elle ait un éclat et un prestige parfaits, que même, si possible de quelque manière, se diffuse concernant tes concurrents une rumeur infamante de crime, d’immoralité ou de corruption accordée à leurs mœurs.

Rude métier !                                                                                                                                        ©RichardB

2013 Posted by | LivresLus, Oh ! moi, ce que j'en dis.... | 2 commentaires