En Vrac & sans Trac

textes & photos : ©RichardB

Hommages

Claude Nougaro, disparu le 4 mars 2004                                                     Hergé, disparu le 7 mars 1983

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2013 Posted by | Mes poèmes, Spectacles | 4 commentaires

Slam & spam

Entre spam et slam n’hésitez pas
L’ordure qui fait diamant n’existe pas

Jetez l’un dans la poubelle du slameur
Envoyez l’autre à la face du spammeur

Des deux écrits lisez le poète
Des deux cris rejetez le traître

Écoutez les mots qui dansent
Vomissez les maux qui rancent

Dans le blog vénérez la muse
Sur le Web verrouillez la ruse.

Entre spam et slam n’hésitez pas
L’argent qui devient amour n’existe pas

©RichardB

2009 Posted by | Mes poèmes | 2 commentaires

écoutez le trouvère – paronomase

Écoutez le trouvère
Qui de par l’univers
Contre tous et envers
Clame les mots de son calvaire

Écoutez le trouvère
Qui de ses larmes de vers
Claires comme le verre
Ose attendrir l’hiver

Écoutez le trouvèremort de rire !
Qui à l’abri des revers
D’un lourd manteau de vair
Se cache du diable Vauvert

Écoutez le trouvère
Qui au printemps le plus vert
Par l’automne recouvert
Annonce à tous une fin… en vers

paronomase ©RichardB

2008 Posted by | Mes poèmes | Laisser un commentaire

Coluche

Un soir, j’ai croisé l’incontrôlé
Deux bretelles dans la télé

Et des histoires en salopette
Qu’on écoute avec des pincettes.

J’ai croisé un soir la vulgarité,
Si belle qu’elle copiait la vérité.

Un soir, j’ai croisé la charité
Dans une gargote sans clarté.

Tristes ricains aux mille Rambos
Chez nous l’un portait le flambeau.

Un jour, j’ai croisé le rire qui pleurait
Contre un camion, moto à l’arrêt.

La rose et l’abbé à l’unisson
En clament encore la succession.

Texte et dessin : ©RichardB

2008 Posted by | Mes poèmes | 6 commentaires

écrire en lettres

éCRIre pour être entenduécRIRE aux éclatsEcRiRE sans but défini – écrIRE en se calmant EcriRE et traverser le temps – EcrIRE en buvant un IrishCoffee * – éCrIRE sous la flamme d’une bougie *

* : trouvailles de MeliMelo ; à vous d’en rajouter dans les commentaires

2008 Posted by | Mes poèmes | Un commentaire

Le soldat éternel

Sur le champ de bataille, j’ai vu des lances se briser, des épées pleurer et des fusils hurler.

J’ai vu des drapeaux saigner et des étendards en lambeaux s’envoler au vent de la faux.

J’ai vu des corps plier sous la douleur, des mains griffer la vie et des larmes implorer la mort.

J’ai vu des ruisseaux de sang couler sous des nuages de haines.

J’ai vu le ciel gronder sa honte et le soleil masquer sa peine.

J’ai vu des prières chuter au sol et des chuchotements s’éteindre sous terre.

Et pourtant, de ce triste jour, le souvenir qui me revient à l’esprit est ce que j’ai vu en dernier : une fleur, dans le pré boueux de la guerre, une fragile beauté dans un monde en ruine.

Une fleur, un souvenir qui me hante. Depuis des siècles.

©RichardB

2006 Posted by | Mes poèmes | 6 commentaires

Déclaration

Je déclare, nous déclarons
Ensemble nous aimerons.

Dans l’article, libres et égaux,
Je suis, tu es, sans distinguo.

Je nais, tu nais, ils naissent.
Eh ! Vous là ! Passez à la caisse !

Déclaration.
Contribution.
Commission.
Concession.
Dépression.
Convulsion.
Soumission.
R e d d i t i o n…

C’est Diderot qui le prédit
Dans son encyclopédie.

C’est Voltaire qui le clame
En Russie, près de sa Dame.

C’est Rousseau qui en mourût.
Libres ! Et vous les avez crus ?

Existence.
Abondance.
Compétence.
Cadence.
Décadence.
Manigance.
Obéissance.
D é m e n c e…

Du pôle aux tropiques,
D’est en ouest, la trique.

Que de temps nous sépare
De l’homme devenu star ?

Pour un règne dans l’espace,
Dites ! Faut réservez votre place !

Compliment.
Boniment.
Régiment.
Vatican.
Licenciement.
Congédiement.
C h â t i m e n t.

STOOOOOOOOP !
Dites, vous n’auriez pas une petite guerre ?  Une toute petite, hein !

2006 Posted by | Mes poèmes | 5 commentaires

Montent les mots

Le facteur à la tenue immaculée déposa le pli dans la boîte aux réceptions qui flottait devant sa demeure.
– Tu as du courrier, claironna le préposé aux nouvelles.
– Merci, répondit-il sans parler. Je les attendais, aujourd’hui !
Les parois du réceptacle s’entr’ouvrirent alors qu’il s’élançait. La missive vint à sa rencontre en s’envolant comme une feuille morte qui renaît. Dans sa trajectoire, elle se décacheta et, de l’enveloppe qui chut comme une feuille morte, sortit une feuille pliée en quatre, pliée en deux, entière. L’envoi fit un gracieux et long vol stationnaire, un parfait silence accompagnait le cérémonial de présentation. Tout fixait le regard du destinataire impatient. Une rosée d’amour perla d’un nuage et vint auréoler le papier flottant.
– Alors, des nouvelles ? chuchotèrent ses voisins, un peu jaloux, un peu curieux.
– Oui, ils pensent toujours à moi.
Et du fond des collines de coton qui se cachaient au creux des vallées couvertes de blanches pensées, des millions de mots s’élevèrent vers le sol étoilé.
– Ça vient d’en bas ? Lis, lis, lis pour nous !
– Attendez ! dit-il en laissant prendre son envol au papier plié en deux, plié en quatre, plié en deux, qui s’envolait dans de longs battements de feuilles, vers le haut de tous. Le courrier s’agrandit, s’agrandit, les phrases devinrent longues, longues, hésitèrent en ondulant. Et tout s’arrêta, se figea au monde. La lettre était prête. Alors, lui et les voisins lurent. Et l’amour emplit le ciel, et les larmes se firent jet d’eau, les pensées devinrent fruits, et les souvenirs fleurirent l’endroit comme jamais.

Ceux qui souriaient, les voisins des voisins, qui pourraient se nommer les anges, tinrent longtemps la coupure du journal envoyée par ceux d’en bas, ceux qui pleuraient encore.

– Demain, moi ça fera cinq ans, dit l’un qui n’était pas lui.
– Tu nous liras, dit une autre, un peu curieuse, un peu jalouse.
Puis, ceux qu’on pourrait nommer les anges replièrent leurs ailes, le message disparut, les pensées s’éteignirent, le facteur de blanc vêtu disparut derrière les collines, la besace emplie de nombreuses missives. Vers d’autres impatients, d’autres curieux, d’autres jaloux, un peu plus loin, dans le temps.
– Beaucoup de courrier, beaucoup de travail me donnent ces gens du bas, vous savez, patron !
– Tant mieux ! dirent ensemble les boîtes aux regrets éternels.

2006 Posted by | Mes poèmes | 2 commentaires

L’An Mil

Des brumes du néant est sortie la bête.
Dans ce pays où régnait la paix,
L’orage des tourments s’abat sur la fête,
Plante son étendard et sort son épée.

A Jean le paysan, la bête apparut
Une nuit agitée de rêves glorieux
Tuant d’un éclair son amour éperdu
Blanche silhouette aux longs cheveux.

A Claire du castel, la bête est née
Au sommet de la tour, aveuglant rayon
Du défilé des armes qui mène Jean l’aimé
A la guerre des seigneurs, destin des souillons.

Des brumes de l’esprit, est sortie la bête.
Dans ces cœurs où régnait l’harmonie
La tempête de la haine poursuit sa quête
Et hante le sommeil des âmes démunies.

A l’abbé du village, la bête ressuscite
Dans le clocher de l’église chancelante
Pauvre ruine née de l’amour d’un rite
Façade mystique d’une cour dominante.

A Eudes le pieux, la bête grandit
Par l’abandon de la chapelle sanctifiée
Qui fuit devant le feu de la maladie
Et le règne de la peste édifié.

Au seigneur Yvon, la bête surgit
Par le glaive de la révolte des serfs
Pions de l’échiquier qu’il régit
Dans le sang, le feu, la misère.

Des brumes du temps est sortie la bête.
Au carrefour des Ans Mil, hésitant,
L’ouragan des changements s’arrête
Et scelle la pierre d’un monde agonisant.

RichardB

2006 Posted by | Mes poèmes | Un commentaire

Objets inanimés…

Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ?
Lamartine

ou à vous aimer,

en  cachette !

2006 Posted by | Mes poèmes | 2 commentaires

Le temps s’en moque

L’arbre s’admire sur la rive d’une vie. La rivière s’en moque.

Son reflet se mire au bord d’un rêve. La rivière s’en moque.

2006 Posted by | Mes poèmes | 6 commentaires

Le temps qui passe

Huit ans, 20h30, bonsoir pa, bonsoir man
Draps blancs sous menton, v’la les nuages.
Je vole, en enfer, croix de bois, si je mens
Voyage sur doux oreiller sans atterrissage.

Quinze ans, 20h30, soir papa, soir maman
Draps blancs, larme à joue, joue dans l’âme.
Je vole, quête d’amours et serments
Héros de séries futur sans drame.

Trente ans, 20h30, bonsoir madame
Draps sexe, sexe à calin, satin délire.
Je vole, de promesses et fantasmes
Rêves de gloire à venir, à venir… avenir.

Cinquante, après le film, bonsoir les enfants
Couette fleurie, sereine lassitude
Je vole, sur sauts d’espoir, trop lents
Sous la crête des ans, basse altitude.

Plus tard, tard dans la nuit, tard dans le temps :
Bof ! quelles âneries peut-on écrire quand on est jeune !

Après. Bonsoir le Monde.
Je vole.

2006 Posted by | Mes poèmes | Laisser un commentaire

Télé…tache

J’ai une tache dans l’œil
Qui me parasite lentement
Envahit les rêves de mon sommeil
Et grossit mes tourments

Ma tâche confiée à un médecin
Un repos bien mérité m’attendait.
Inutile de vous faire un dessin
Enfin du calme dans mes idées.

Nenni ! le toubib de quartier
A l’appui de photos sans cache
Issues d’une recherche acharnée
M’envoie au spécialiste des taches.

Scanner, micro, labo, scanner…
De l’éminence du professeur,
La tache est en couleur,
Carrée, avec son et lumière.

Maladie du siècle : les actualités.
Vite guéri si vous m’écoutez,
Coupez le son, coupez l’image
Et dans votre esprit plus de ravages.

©RichardB

2006 Posted by | Mes poèmes | Laisser un commentaire