2013, année de la SF. De la bonne SF ? pas certain
La dernière bande-annonce (après le texte) me fait penser à une nouvelle écrite par votre serviteur, il y a quelques années. Faudrait peut-être que je téléphone à Hollywood pour les éventuelles royalties. La voici en réédition spéciale ci-dessous. Allez voir le film et dites moi si j’attaque ou pas. Que la force soit avec vous.
Nouvelle – ©RichardB
Voilà, je suis seul. Comme personne ne l’a jamais été. Sauf Adam, peut-être, au début. Et encore, lui ne savait pas que la solitude existait. Depuis, l’homme a toujours eu des problèmes avec la solitude. Il la fuit sans cesse ou la recherche désespérément. Être ou ne pas être… seul.
Moi, je n’ai pas eu le choix, je suis le nouvel Adam, mais sans pomme pour sauver ma solitude en chargeant l’humanité de remords. Un signe, une parole pourraient inverser cette fatalité, comme dans le Jardin ? Mais je ne suis pas croyant, alors point de salut miracle.
Amarres rompues, liaison coupée. Perdu de vue, sans nouvelles. A la dérive l’Adam, pour le restant de ses jours. Seul… Déjà dit ! Je répète mes mots mais les choses se répètent au royaume de la solitude. Et le temps est long. En fait, ce n’est pas un royaume, même pas un no man’s land… puisque j’y suis. Ce n’est même pas un endroit, car on n’y est jamais au même… endroit. Je n’ai pas froid, je n’ai pas chaud, je suis bien protégé, je n’ai pas faim, ni soif non plus. Tout est prévu ici. Même pas de déprime, les perfusions calmantes, ça sert à quoi ?
Alors, je profite de ma solitude. Pleinement. Dans la vie d’un homme il existe des moments privilégiés qu’il ne lui faut pas rater. C’en est un pour moi, je vais enfin pouvoir regarder l’existence dans le fond des yeux, jusqu’au bout de son univers, en toute quiétude, sans pollution extérieure, sans alibis inventés, sans aléas qui fabriquent les alibis. Seul, face à… rien. Rien entre Ça et moi. Il y a une forme de sublime dans la solitude extrême, la vérité n’a plus à se travestir. Bien, bon, beau, morale, amour, art, tous ces vêtements de l’humanité… dans le panier à linge de la solitude !
Comme vous certainement, j’avais déjà croisé la solitude. Enfant perdu en forêt, amant rejeté par une femme, complice trahi par l’amitié, homme trompé par ses convictions. Les convictions, oui, car elles ne vieillissent pas toujours en phase avec le monde, vous abandonnant souvent en compagnie de leur désastreuse certitude. Celle de n’être jamais seul.
J’avais déjà croisé la solitude. Mais je n’avais encore jamais eu l’opportunité de penser à l’idée elle-même. Est-ce la même affaire qui isole un être dans le tumulte d’une société où il n’a plus sa place, ou bien qui le rejette dans un espace sans autres, le regard égaré vers un mieux qui n’existe pas ? Solitude en cité ou solitude en désert. L’une alliée à la schizophrénie, l’autre au mysticisme. Pas de génération spontanée, sauf pour Adam. La solitude est toujours enfant du désir de l’homme… ou de son rejet. C’est son référent.
De quoi parle-t-il ? pensez-vous. Son isolement lui monte à la tête, il devient fou ! Oui, vous avez raison je vais le devenir, c’est la suite inéluctable de mon histoire. Mais pas maintenant, attendez, j’ai assez d’air pour philosopher quelques lignes encore. On me le doit, c’est tout ce qui me reste, tout ce qui m’appartient… cette solitude. Et je la veux grande, la plus grande, la plus intense jamais vécue par un homme. Adam, pauvre solitaire de seconde division, je vais te dépasser dans l’histoire de l’univers, tu ne seras plus l’un en la matière. La folie, disiez-vous ? la folie, seule issue ? Peut-être, mais avez-vous pensé au suicide ? Encore faut-il avoir la volonté de cet acte suprême anti-solitude. Beaucoup l’ont eu ce lâche courage. Moi, je n’y pense même pas, je suis trop bien. D’ailleurs, je ne pourrai pas y arriver, je n’ai aucun moyen matériel de passer à l’acte. Si ce n’est de cesser de respirer. Mais essayez, vous verrez, c’est impossible. La vie, cette formidable machinerie, accroche à vos poumons ses atomes d’oxygène, règle son débit sans tenir compte de vos aspirations. Cette vie a un instinct de survie trop développé pour vous laisser la maîtrise du choix. Alors, il faut attendre, la fin de la bouteille d’oxygène.
Comment puis-je être assuré d’être si seul ? Il y a peut-être quelqu’un qui peut m’aider, me secourir, essuyer les larmes de désespoir que je n’ai pas encore libérées, quelqu’un pour me tendre la main, arrêter cette errance qui s’annonce éternelle. Vous en voulez encore des clichés ? J’ai tout mon temps pour vous en proposer… Non ! Je le dis bien haut, pour moi tout seul, personne ne peut m’aider ! Ils sont tous trop loin de moi. Aussi assurés de leur impuissance que je le suis de leur non venue. Et si aucun scientifique ne peut empêcher ma solitude, aucun psy ne pourrait en atténuer ses effets. Elle est mon problème. A jamais. Enfin, pour quelques temps encore.
Mais je m’éloigne trop de mon sujet. Adieu ! à vous tous.
Votre Adam.
Le 13 février 2100, la N&ESA a diffusé un communiqué signalant un accident gravissime sur la station de recherche de vie extra-terrestre, Solitude II. Cet épisode dramatique dans la quête menée avec acharnement par l’humanité pour rompre son isolement dans l’univers a causé la disparition du spationaute Adam B, alors qu’il effectuait une sortie en scaphandre, aux alentours de l’étoile 123WX. Adam B est le premier voyageur porté disparu dans le cosmos. ©RichardB
En vrac, pour se gratter un peu la tête, pendant que l’hiver fait la peau du printemps
- Les opérateurs de téléphonie auraient empêché la recherche sur la télépathie. Qu’en pensez-vous ?

- 21 grammes, le poids libéré par l’âme en quittant le corps, paraît-il. Le poids de la mort ? Comment une telle légèreté peut elle autant peser sur la douleur qu’elle occasionne, le poids de l’amour ?
- Ce sont des féministes qui auraient inventé les verres progressifs, juste pour ennuyer les hommes qui regardent les femmes du coin de l’œil.
- L’avenir de l’homme : la fomme ? 
- Fini ! par décret présidentiel, dans les banlieues, on ne pourra plus s’écrier " P….. de sa r… ! " Ouf ! vivement le retour de l’imparfait du subjonctif dans le 93.
- Condamné pour vrai et usage de vrai, ça existe ça ?
Oui ? alors tous acquittés à l’Assemblée nationale !
- Bernard Grasset a dit : le propre de la rapidité, c’est l’imparfait.
Six jours ! On comprend tout désormais, pauvres hommes !
- Méfiez-vous du laid, car il est souvent définitif.
Méfiez-vous du beau, car il est toujours provisoire.
- Le philosophe est arpenteur du pourquoi,
l’historien, graveur du comment,
le poète, chercheur du où
et le fonctionnaire, métreur du quand.
©RichardB
Hong Kong "monstre sacré de l’univers"
"Hong-Kong, monstre sacré de l’univers".
En chinois, Hong-Kong signifie "Havre embaumé" ou port des parfums. Sa création et son essor reposent sur l’un des fléaux du dix-neuvième siècle, l’opium - la boue étrangère, nom donné par les chinois à cette drogue - et le traité qui suivit les guerres pour son commerce entre Chine et Angleterre.
Avant de partir en voyage dans un pays de légende, il faut lire les écrivains reporters qui vous y ont précédé. Henri de Monfreid dans la corne de l’Afrique, Rudyard Kipling en Inde, Jack London dans le Grand Nord. Et bien sûr Joseph Kessel dans les contrées asiatiques. A votre retour, il faut lire les mêmes, pour caler l’émerveillement de vos découvertes visuelles sur leurs mots et mêler leurs ressentis avec les émotions qui vous ont envahi tout au long de votre voyage.
En 2009, j’ai visité Hong Kong avec dans mes bagages les souvenirs du reporter-écrivain Kessel. Voici quelques extraits de sa prose de grand voyageur, modestement accompagnés de photos personnelles de la mythique ville, redevenue chinoise à part entière depuis 1997.

"Ainsi à travers les paquebots, les canots, les cargos, les vedettes, les transbordeurs massifs, les vagues, les brises et les jonques, le ferry approche de Hong-Kong. La foule qu’il porte se met en mouvement. Sur le quai bougent et crient d’autres foules. Les rues qui gravissent le roc abrupt sur lequel est bâtie la ville ne sont qu’un fourmillement humain."

"…ces barques des mers de Chine dépassant toutes les autres en mythe de pouvoir et d’évasion."
"…les coolies trébuchent sous le balancier ou ahanent sous les fardeaux pesants, que les rikshaws à poitrine creuse s’essoufflent entre les brancards de leur voiture ? ou repose entre les coussins un gros marchand."
" Et sans doute, dans un lieu comme Hong-Kong, placé au seuil de la Chine communiste, carrefour de tous les océans et de tous les trafics, beaucoup parmi les hommes blancs ont un passé, un relief, un pittoresque singuliers. Il suffirait de quelques-uns que j’ai approchés pour peupler un livre."
Le Hong-Kong du vingt et unième siècle ne ressemble plus beaucoup à celui de Kessel. Mais dans certains quartiers, on retrouve encore ce sentiment qu’a éprouvé le grand reporter devant les banques qui se dressent comme des temples ou les bâtiments à colonnades et frontons surannés qui abritent les administrations, ce sentiment de se trouver au coeur de l’époque victorienne. Hong-Kong, ancienne colonie de la Couronne, comptoir gigantesque qui a su absorber sans désordre ni famine deux millions de réfugiés et les soumettre à sa loi, à son ordre.
Hong-Kong et Macao. J. Kessel. Ed. Folio.
Jeanne Vaschetto, artiste peintre
C’est toujours un grand plaisir de présenter une amie artiste. Et bien voilà, en ce "premier beau jour de printemps", admirez la palette de Jeanne Vaschetto sur son nouveau site. Et dans les galeries qui l’exposeront.
Un grand moment de théâtre
Un extrait (et quel extrait !) de ART, pièce de Yasmina Reza,
avec les trois remarquables comédiens Pierre Arditi, Fabrice Luchini et Pierre Vaneck.
Trouvez-vous normal que…
Trouvez-vous normal que… seuls, deux petits pays d’Amérique du Sud soient privés d’accès aux océans qui bordent le continent ? En effet, pas de ports ni de marine nationale (quoique), pas de plages ni de surf, pas de brise de mer ni de hautes marées pour le Paraguay et surtout pour la Bolivie pourtant si proche du Pacifique. Allons, Péruviens et Chiliens, un petit effort, offrez donc un couloir maritime à vos voisins, donnez-leur accès au commerce maritime et aux joies des batailles navales. 
Leurs voisines de l’Est, Brésiliennes et Argentines, sont quant à elles disposées à offrir leurs plus beaux maillots de sable chaud pour le grand plaisir de leurs gauchos.
Trouvez-vous normal que… l’on nous bassine sans cesse depuis des lustres pour savoir qui de la poule ou de l’œuf est arrivé en premier ? Alors que la réponse est si évidente, c’est le coq !
Trouvez-vous normal que… certaines personnes, dont beaucoup de journalistes, alourdissent notre déjà pesant quotidien avec le trois fois redondant pléonasme : au jour d’aujourd’hui ? Est-ce pour accentuer le catastrophisme ambiant qui accable notre pays en ces terribles jours de crise ? Pensez donc : au jour, ça va pas ! d’aujour, pas mieux là ! d’hui, on vous l’avait bien dit, trois fois foutus vous êtes. As of the day today !
Trouvez-vous normal que… nous portions tous fièrement des jeans fabriqués au Bangladesh ? Non, certainement, mais que faire ?
Trouvez-vous normal que… nous, assidus téléspectateurs sportifs, supportions chaque année cette inquiétante recrudescence d’insupportables cris de femmes en furie, en nage et en jupette ?
Le vrac du jour
En vrac et sans trac, voici quelques petites réflexions personnelles, à lire au premier degré. Ou au douzième, ça, vous voyez avec vous-même. Elles sont souvent issues d’une actualité récente, parfaits exemples d’associations d’idées gratuites en émergences nocturnes. Elles ne se sont que mèches et pas dynamite. D’ailleurs, je ne suis toujours pas d’accord avec moi-même quant à leur qualité intellectuelle, leur caution morale voire leur simple intérêt de parution. M’enfin, faut bien remplir d’encre l’espace libéré par les pensées qui s’envolent sinon le cerveau n’y trouve plus son compte et se désertifie à grande vitesse.
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La beauté intérieure de la callipyge n’existe… que de face.
J’aime la chouette, ce charmant petit animal en danger d’extinction, avec ses grands yeux adorables, son balancement délicatement chaloupé, sa triste solitude nocturne. Je hais la maudite chouette du bois voisin qui commence à me les briser menu toutes les nuits avec son hululement infernal. Qu’elle le trouve son hibou chou, et vite !
Certaines personnes ont le sommeil agité, ce qui perturbe un peu leur vie. Certaines personnes ont le réveil agité, ce qui perturbe beaucoup la vie des autres.
Sous l’oreiller d’un dormeur, on peut trouver : un mouchoir morveux, un préservatif paré à l’emploi, le dernier manga érotique, quelques économies – plus rare, parfois un doudou d’adulte. Voire même un pic à glace ou un 38 Magnum.
Moi, j’ai un petit dictaphone, qui permet aux saccades de mes nuits de noter quelques pensées très profondes comme : " Sous l’oreiller d’un dormeur, on peut trouver : un mouchoir morveux, un préservatif paré à l’emploi, le dernier …".
Les temps changent. 1968, il est interdit d’interdire ! 2013, période d’autorisation d’interdire ? Ou d’interdiction d’autoriser ? Notez la ponctuation prudente, type grand média. Faut pas me faire dire ce que je n’ai pas dit.
En cet intense et si désagréable conflit sur le Mariage pour tous, je ne comprends pas que personne n’y ait pensé. J’ai LA solution : la bigamie. Quoi ! on ne pourrait pas aimer deux personnes et vouloir partager une vie longue et heureuse avec elles ? Certains(es) en aiment bien plusieurs, les uns après les autres ! Et puis les conflits seraient enfin résolus entre les tenants de l’amour libre prôné par les soixante-huittardés et ceux de la position missionaro-procréative ! L’amour serait trois fois plus partagé, telle la volonté du Messie, et la nouvelle communauté ainsi créée, le triouple*, encore plus républicaine puisque un vote serait nécessaire pour trois avis émis.
Les enfants auront papa et maman à gogo et plus besoin de PMA, GPA ou autres pour enfanter. Petit garçon aura un papa pour le sport et un autre pour les devoirs ; petite fille aura une maman cuisine et une autre fashion victim. Maman pourra travailler pendant que maman restera à la maison. Nota : propositions à inverser selon les critères de chacun-chacune et suivant les tendances morales et éducatives… Ouf ! je l’ai échappé belle là ! Problème où achoppe cette lumineuse idée… le nom à attribuer aux enfants. Et le divorce ! qui deviendrait un trivorce* ! Procédure déjà bien compliquée avec un homme et une femme, plus ardue encore avec deux personnes de même sexe ; avec un triouple cela deviendrait un casse-têtes d’école pour notre code civil et les technocrates de Bercy. Pourquoi les Finances ? et bien parce que, au final, tout finit dans la proue du Navire sur Seine. Hétéros, homos, trios, mariés, pacsés, unionistes libres, tous passent à la casserole fiscalisée des asexués de Bercy. Ça n’en deviendra que plus compliqué, mais on aime tant les complications en France. Allez, je vous laisse, mes épouses m’attendent. * Nouveaux concepts dont je revendique la création sans certitude d’en être le premier auteur. Les droits d’auteur seront versés directement sur mon compte aux îles Crocodiles, merci.
Agoniser sous les injures, c’est agonir à mort ?
Avec une longue-vie, voit-on la mort de plus près ?
©RichardB (clic sur photos pour agrandir)
Mémo de mes mots aimés – 3
VOYOU
Je n’aime pas trop les voyous, mais j’aime bien le voyou, ce garnement qu’on attrape par les oreilles, cet ado qui ose sa première cuite ; et cet homme qui belmondise les femmes par un ensorcelant toc toc ! v’là l’amour !
Un voyou qui ressemblait à 
mon amour vint à ma rencontre
Et le regard qu’il me jeta
me fit baisser les yeux de honte. Alcools (1913), Guillaume Apollinaire
Le voyou est quand même bien plus sympathique que ses acolytes d’ombre et de rue. Le coquin n’a pas d’importance, la canaille pas d’honneur, la crapule pas de morale, la fripouille pas de honte et le truand pas de scrupules. Seul le chenapan le rivalise en empathie.
"Le vent a les yeux d’un voyou et les mains d’un ange." Pascal Quignard.
Le voyou a de la littérature, du cinoche et même de la musique.
Le voyou préfère les voyelles, quatre sur cinq ! Le brigand et le bandit penchent plutôt pour les consonnes. Mais il ne faut pas se tromper, l’encre de leurs exploits se teinte toujours de filouterie, mensonges et tricherie.
Et la tenue du voyou, qu’est-ce qui la différencie de celle d’un escroc ou d’un tricheur ? le costume et la cravate de ces derniers, surtout en affaires et politique ? Difficile en effet de cravater un voyou en cravate, son tour de cou de prédilection étant surtout col roulé ou chemise grande ouverte !
Ma joie serait grande de le pouvoir nommer fripon, fripouille, canaille, crapule, voyou, filou, jolis noms chargés d’évoquer ce que par dérision vous appelez un joli monde. Journal du Voleur (1949) de Jean Genet
mémomesmotsaimésmémomesmotsaimésmémomesmotsaimésmémomesmotsaimés
GRATIFICATIONS
pourboire – cadeau – don – prime - commission – avantage – pot-de-vin - dessous de table – largesse - jetons de présence – stock options – chèque – liquide – enveloppe – mallette – valise – étrenne – faveur – boni – bonus – arrosage – largesse – bakchich – commission… pfff ! suis épuisé là !
"Pendant que je le pressois inutilement de m’accorder une gratification, il s’avisa d’en proposer une à Platon qui ne l’accepta point. Je dis tout haut : le roi ne risque pas de se ruiner ; il donne à ceux qui refusent, et refuse à ceux qui demandent."
Voyage du jeune Anarchasis en Grèce dans le milieu du 4e siècle avant l’ère vulgaire. Abbé jean-Jacques BARTHÉLEMY 1788
©RichardB
Mémo de mes mots aimés – 2
SENTINELLE
La sentinelle est un gardien. Mais ce dernier est ancré au sol, comme ses camarades guetteur, veilleur, factionnaire et tous les nouveaux cerbères, agent de sécurité, vigile et maton. Pensez donc, même la vigie qui tente désespérément de s’élever dans les mâtures, n’atteindra jamais la légèreté de la sentinelle. Car la sentinaile se sait aérienne, elle est ange… gardien.
"D’autres [oiseaux de mer] se cantonnent sur un rescif, et, sentinelles vigilantes, élèvent pendant la nuit une voix lugubre, pour écarter les navigateurs." Chateaubriand – Génie du christianisme.
La sentinelle est féminin, tout est satin en elle. C’est une douce veille, ses armes sont vigilance et discrétion. La sentinelle protège, alerte, rassure. Envoyée spéciale d’un homme, d’un roi ou d’un dieu, elle est à l’avant de l’Histoire, croisant le destin de ceux qui accordent confiance.
"Mais l’iniquité est en sentinelle à la porte de l’abyme, elle n’y laisse entrer que ce qui peut agrandir le royaume de la corruption." L’Homme de désir – Louis SAINT-MARTIN 1790.
Un jour peut-être, les hommes enverront des sentinelles dans les galaxies voisines. Au risque de les voir se confronter à d’autres sentinelles, ou de se croire sentinelles du dieu homme.
"Mille flots passeront pour qu’un seul flot surnage.
C’en est fait : un seul homme a, pendant leur sommeil,
des peuples usurpé la place à leur soleil.
Qu’ils dorment ! Pour eux tous, ardente sentinelle,
le jeune consul veille en la cité nouvelle ;
et sur sa mappemonde, armé de son compas,
il débrouille en un jour le chaos des états ;
ou, penché sur son globe, il rapproche à sa guise deux rivages." Napoléon – Edgar QUINET 1857.
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PORTILLON
Petite porte ; donc légère, facile à ouvrir ? Pas si évident, surtout quand tout le monde s’y bouscule !

Parfois même, franchir un portillon c’est un Rubicon quotidien, demandez aux Parisiens si métropolitains ! Et payant ou non, il faut bien le passer ce portillon, élu ou pas.
Mais tout ça, c’est portillon de ville ! les nôtres à la campagne sont si charmants. On imagine le portillon poussé par le Grand Meaulnes pour retrouver la dame de ses rêves. On pense à celui en bois moussu qui nous sépare du pré boueux des vaches paissant.

Plus tard, on imagine notre portillon vaniteux se vouloir portique au bleu du paradis ou même porte noire de l’enfer.
Mémo de mes mots aimés
Beaucoup d’auteurs se sont essayés dans la récolte des mots. Certains en ont fait une analyse psychologique, sociologique ou tout simplement étymologique. D’autres, tel Bernard Pivot, en ont retenu l’aspect émotionnel, voire passionnel des mots de leur vie. Sartre dit s’être construit en et avec les mots. Perec s’est amusé à les casser, alors qu’un autre prend les mots pour des fenêtres… ou des murs. Jacqueline de Romilly en fait la survie de l’humanité contre le retour de la barbarie. En effet, que devient une belle idée sans mots pour l’exprimer ? La force et la richesse des mots permettent d’offrir à tous les plus belles des pensées humaines. Mais la même force peut se retourner contre la pensée, les mots ne sont plus alors que de pauvres véhicules de haine et de pouvoir.
Mais revenons à l’amour des mots. Comme Pivot, c’est une belle idée que de faire un mini inventaire de ses mots favoris, de ceux qui ont marqué certains moments forts d’une vie, ou bien tout simplement de ceux qui vous "parlent" ; de par leur sonorité ou leur silence, leur brièveté ou leur langueur, leur force ou leur douceur, leur couleur ou leur musicalité. Des mots de sentiment, d’action, de réflexion ou de description ; des mots courts qui claquent, longs qui se traînent, plats qui se confondent, durs qui confondent. Des mots tiroirs ou valises, des mots solitaires ou composés.
Je vais m’y atteler de ce pas, au galop même puisque déjà certains mots se bousculent pour être de la fête. Tiens ! un favori, sentinelle ! Allez savoir pourquoi lui ! quelques séances sur un divan pour lui faire avouer ? Pas le temps ! bof ! double tout le monde avec ses trois petites lettres désabusées et son point d’exclamation qui les redynamise. Et déjà le portillon de la liberté des mots s’emballe pour l‘aventure. Tout ça est remarquable, mais quelle mission !
Bon, à mots couverts, je vais laisser mûrir l’idée sur ce Mémo de mes mots aimés. Je reviendrais avant qu’ils ne soient tous rendus obsolètes par les textos, msg, sms et autres gazouillis étranglés de Twitter. ©RichardB
Vraiment, les politiques nous interjectent !
- Ho ! c’est un vrai scandale ! – Hi ! Hi ! je l’avais déjà dit ! - Ah ! bon ! - Hé ! Hé ! ça va faire des remous ! – Oh oui ! – Ha ! Ha ! Ha ! quelle déconfiture ! – Heu ! ben j’savais pas ! – Ô rage, ô désespoir ! - Pôvre France ! – Bof !
Ha ! est particulièrement employé pour exprimer la surprise et l’étonnement.
Ah ! exprime la joie, la douleur, l’admiration, la commisération, l’impatience.
Oh ! s’emploie dans l’exclamation.
Ho ! marque l’étonnement.
Ô ! sert à marquer les autres passions, les autres mouvements de l’âme.
Hé ! sert principalement à appeler.
Eh ! exprime l’admiration, la surprise.
M’enfin ! est un spécial Gaston Lagaffe… repris par certains politiciens particulièrement brillants.
Comment ! Moi mentir ? Jamais ! dernière trilogie à la mode.
Quoi ! on m’aurait trompé ! reprise d’une ancienne interjection qui induisait d’erreur à son insu celui qui la proférait.
Moi ! Moi ! Moi ! Attention danger ! ceci est un faux ami ! Il s’agit d’une anaphore qui veut se faire passer pour une interjection d’espoir. A fuir !
Ici, une récapitulation des interjections françaises, qui généralement précèdent ou suivent les interrogations que les gens du pays se posent, en particulier sur leurs élus.
Oups ! glups ! grrrr ! pas pensé à vous dire que la vidéo dure… une heure. Bof ! ça ou un discours présidentiel !
Manuel de l’intrigant
Avant d’attaquer le Prince de machiavel ou Le Traité de la République de Cicéron, nos candidats-président ont certainement tous lu et relu ce petit texte donnant moult conseils pour gagner une élection. N’étant pas encarté dans un parti politique, aucune chance pour moi d’accéder à un quelconque consulat, avec ou sans le manuel de Quintus. Mais sa lecture est amusante tant, malgré ses plus de deux mille ans d’ancienneté, rien ne paraît avoir changé dans les moeurs politiques de nos "hommes de la Cité". Ah ! si, peut-être, on y a ajouté dans nos arènes modernes la complexité féminine, ce que les Grecs et Romains s’étaient bien gardés d’oser, les couards !

C’est presque chaque jour qu’il te faut, en descendant au Forum, méditer ces pensées : je suis un homme nouveau, je brigue le consulat, ma cité est Rome. Quintus Tullius Cicero incitait-il son frère à envisager son avenir politique chaque matin… en se rasant ?
Militaire et écrivain romain, il est le frère cadet de Marcus Tullius Cicero, le célèbre orateur Cicéron. Il a écrit une lettre à l’usage de son frère qui se présentait au suffrage pour le consulat de Rome. Partant de sa propre expérience, Quintus Cicero énuméra dans ce Manuel du candidat une liste des affaires qu’un postulant se doit de ne pas omettre ni contourner. On saisit bien les buts politiques de ces conseils calculateurs et dénués de toute morale. Ils sont toujours d’actualité et pas seulement à Rome. Certains candidats les appliquent même… tout au long de leur mandat d’élu. Au lieu de gouverner ? Probable, car dans un pays sur-électoralisé comme la France, gouverner c’est prévoir… le prochain combat électoral.
Deux moyens de succès partagent les soins d’un candidat, le zèle de ses amis et la bienveillance du peuple. L’un est le prix des bienfaits, des services, de l’ancienneté des liaisons, de l’obligeance et de l’amabilité naturelle. Acquérez, en un mot, des amis de toutes les classes. [...] l’autre partie de vos soins, qui a pour objet la faveur populaire. Elle se compose de la nomenclation, de la complaisance, de l’assiduité, de l’affabilité, de la renommée et de l’espoir public. Les gens des municipes et de la campagne, il suffit que nous les connaissions par leur nom pour qu’ils croient être de nos amis (la fameuse nomenclation).

La flatterie : chose qui, si elle est vicieuse et honteuse dans les circonstances ordinaires de la vie, est en revanche indispensable dans la campagne électorale. Il faut feindre de manière à paraître le faire naturellement.
Deux préceptes liés :
… tout ce que tu envisageras de faire, tu montres bien que tu le feras avec zèle et bonne volonté ;
… tout ce que tu ne peux pas faire, ou bien tu le refuses avec grâce, ou bien tu ne le refuses même pas du tout.
Justice ? Et puisqu’en ceci surtout la cité est vicieuse que, la corruption s’en mêlant, elle ferme d’ordinaire les yeux sur le mérite et le prestige, en ces affaires, fais en sorte de bien te connaître toi-même, c’est-à-dire de comprendre que tu es toi-même homme à pouvoir inspirer à tes concurrents la plus vive peur de procès et menaces judiciaires
Le bouquet final : Enfin, prends bien soin que toute ta campagne soit pleine de pompe, brillante, splendide, populaire, qu’elle ait un éclat et un prestige parfaits, que même, si possible de quelque manière, se diffuse concernant tes concurrents une rumeur infamante de crime, d’immoralité ou de corruption accordée à leurs mœurs.
Rude métier ! ©RichardB
Brassens, in english dans le texte
Brassens chez les Ricains, il fallait oser. Ont-ils apprécié tous les textes du French poet ? Leur traditionnel puritanisme a pourtant du être secoué à l’écoute de certaines chansons (ci-contre vidéo Quatre-vingt quinze pour cent).
Excellente initiative que celle de Pierre de Gaillande pour dérider l’anglo-saxon avec notre copain d’abord moustachu. Le chanteur a une très belle voix, il sait s’entourer de bons musiciens et choristes.
Un régal, certifié conforme à l’Original (enfin presque).
Des hommes, des vrais !
Fortune carrée – Le Lion – Les cavaliers – L’Armée des ombres – Les coeurs purs – La passante du Sans-Souci – Belle de jour – La rage au ventre -
Même si vous ne l’avez jamais lu, vous connaissez sans doute ces titres de l’oeuvre de Joseph Kessel.

Le cinéma s’en est souvent accaparé les personnages, avec bonheur tant la matière en était riche. Ses écrits hors fiction et ses reportages sont la référence de la littérature de reportage et du journalisme d’aventures typiques de la fin du XIXe et début du XXe siècle.
C’est dans cette veine que Kessel a écrit "Tous n’étaient pas des anges" Ed. Les Belles lettres. Chaque récit nous transporte dans un monde bien réel mais aux antipodes de nos réalités quotidiennes. Aucun des hommes rencontrés par le reporter ne fut en effet ange, loin de là. Souvent pas très honnêtes, parfois hors-la-loi ou sans morale, voire criminels en puissance. Mais tous vécurent une vie hors du commun, une vie où se mêlaient "noblesse de la sauvagerie, pureté du désert et reflet de la grande aventure." Qu’ils se nomment Monfreid le contrebandier, Savine le cruel Cosaque, Moussa, le tueur aux dents blanches, Mourad le Moscovite (l’un des personnages de Fortune carrée), John Philby, l’homme aux singes, ou Cadi Rahïb*, le Talleyrand du Yémen (comparaison personnelle), tous traversèrent et se mêlèrent aux grands changements de l’Histoire, parfois même les provoquant, toujours les subissant. Beaucoup, comme Kessel, étaient des hommes "tumultueux, aimant le jeu, les femmes, l’alcool, l’aventure", mais aussi des êtres aux valeurs de respect et d’amitié exacerbées par le danger, la solitude et la mort. Tous erraient au croisement de ces deux siècles dans une modernité naissante et des civilisations se confrontant, s’affrontant, dans une pré-mondialisation. Une période floue ou seuls les plus hardis, ou les moins scrupuleux, pouvaient éviter les pièges de l’aventure."

*Cadi Rahib, extraits de Tous n’étaient pas des anges : "Ancien dignitaire turc, conseiller pour l’extérieur de l’Imam yéménite. Il avait vu le jour à Constantinople. Il avait servi Abdul Hamid, le Sultan Rouge. Attaché d’ambassade à Saint-Pétersbourg et à Paris, il avait, à la fin du XIXe siècle, dansé avec l’Impératrice de toutes les Russies et avec Madame Steinheil, maîtresse du président Faure. Quand éclata la guerre qui devait démembrer l’immense empire Ottoman, il était gouverneur de Hodeïdah. Quand les Yéménites se révoltèrent, il avait flairé le vent et pris leur parti. Comme dans tout le pays, il était le seul homme à connaître l’Europe, cette trahison lui valut les fonctions de ministre des Affaires étrangères. Il portait avec lui un demi siècle d’intrigues subtiles, de révolutions de palais, de cruauté aimable et de courtoisie sans pareille."
Films tweettés
Petits essais de contraction de texte à la Twitter. Pas facile de caser le grand écran dans un tout petit n’autorisant que 140 signes (espaces et ponctuation compris) ! Essayez et n’hésitez-pas à placer vos ciné-tweetts dans les commentaires, je les incorporerai dans l’article.
Adrian, Apollo y casse ma tête ! Adrian, Tiger y tape mon oeil ! Adrian, Drago méchant rouge ! Ben relève-toi, Balboa. Allez, 1 2 3 4 5
Hélicos sur crane rasé, canonnière en approche, frayant la jungle à coups de machette rédemptrice.
Plaines du Japon, empire chancelant, lances brisées, étendards claquants, guerrier en ombre, âme sans reflet, montagne immobile
Star wars
Tresses royales, peluche géante, aspirateur parlant, truc volant, masque essoufflé, gant noir, néons agressifs dans… Lucarne
Grain de sable anglais dans thé turc, rêve de dune, piliers de révolte, conquête d’âmes et déserts. Trahison. Moto cassée ! Genèse d’OPEP ?
Hommages
Claude Nougaro, disparu le 4 mars 2004 Hergé, disparu le 7 mars 1983
L’amortissement Landau
Non, rassurez-vous, pas de faute d’orthographe dans le titre de ce billet, ni d’étude à venir sur la suspension de la poussette d’Hector. C’est en fait la raison première du livre de Cedric Villani, Théorème vivant ed. Grasset.
« C’est le récit de la genèse d’une avancée mathématique faite par un jeune chercheur français de talent » et le succès qui lui vaudra la fameuse Médaille Fields que même les ignares en math comme moi connaissent. C’est néanmoins avec quelques retenues que j’ai attaqué la lecture de ce livre – offert par une personne beaucoup plus férue que moi en matières scientifiques, donc suspecte de faire partie du clan des bossus des mathématiques.
Pensez-donc, plusieurs dizaines de pages de hiéroglyphes n’auraient pas de peine à décourager n’importe quel lecteur n’ayant pas fait l’Ecole supérieure de mathématique !
Et bien non, heureuse surprise ! Quand on a compris qu’il faut survoler tout ce qui représente de près ou de loin un tableau noir crayonné et ne surtout pas tenter de refaire les calculs de l’auteur, on se prend à la lecture comme à celle d’un roman d’aventure – voire même un polar avec l’objet du crime en quête. Tout se construit lentement, avec des échecs, des doutes mais aussi des périodes d’euphorie et de bonheur. Cerise sur la formule, Cedric Villani nous gratifie même de quelques passages tout à fait littéraires, comme un beau poème de Huard, ou bien de ses références musicales éclectiques ( fan de Catherine Ribeiro et de Mozart).
J’y ai même appris l’existence du Cömböc, objet aussi sympathique qu’irritant, véritable représentation du travail mathématique et joujou des mathématiciens et j’ai compris l’un des problèmes cités (enfin, son application), celui de Syracuse.
PS : en ces temps où la France est tant décriée, par les Français eux-mêmes, allons donc consulter la liste des médaillés Fields, le Nobel des mathématiciens : 11 Français sur les 52 décernées… no comment.
Et seul un doigt sur la bouche / Un ange beau comme un éclair
Jette quand le soleil se couche / Des pétales sur la mer.
Le poème de Jean Huard cité dans ce livre, chanté ici par Colette Renard.
Hector, le plus humain des Héros

J’ai appris à être brave en tout temps et à combattre aux premiers rangs des Troyens, pour gagner une immense gloire à mon père et à moi-même. Iliade, VI, 444-446
"Fils du roi Priam et d’Hécube, Hector, – celui qui résiste, est le grand héros des Troyens, leur chef de guerre. Un oracle avait prédit que Troie ne tomberait pas tant qu’il resterait en vie. Cher à Zeus et protégé d’Apollon, il décime les rangs grecs en se gardant d’affronter Achille.
Aussi fort que le Grand Ajax, Hector aurait tué Nestor et Diomède sans l’intervention des dieux ! Patrocle meurt lorsqu’il le provoque en duel. C’est pour le venger qu’Achille reprendra le combat. Vénéré par les Troyens, Hector apparaît comme le héros le plus noble, un exemple de courage et de générosité.
NDLR : je ne sais pourquoi ce grand héros hante mon esprit depuis quatre mois.
BnF : Les grands héros homériques ici, en texte, cartes et photos
Et si Homère s’était trompé : "Ce célèbre guerrier, auquel Homère a assuré une gloire immortelle, a été réduit à des proportions humaines par Dion Chrysostome, qui s’accorde à peu prés avec Homère jusqu’à la proposition de la paix, également désirée par les Grecs et les Troyens. Ici le rhéteur s’écarte de la donnée épique primitive; il prétend qu’Hector s’efforça d’empêcher la conclusion d’une trêve ; que la paix n’en fut pas moins conclue entre les deux peuples rivaux, sous le serment de ne jamais porter la guerre, les uns en Grèce, les autres en Asie. Après le départ de l’armée grecque, continue Dion, Hector fit épouser la veuve de Paris, Hélène, à son frère Deiphobe. Le vieux Priam mourut bientôt. Hector lui succéda, et après avoir soumis à sa domination une grande partie de l’Asie, laissa le trône à son fils Astyanax ou Scamandrios." Mythologica
Borges

Ah ! les masses !
Le grand écrivain argentin fait-il une analyse destinée aux électeurs italiens de ce we ? La démocratie peut-elle laisser les masses se permettre toutes les dérives qui conduisent à la mort de la… démocratie ?











![carte_amerique_sud[1]](http://envracetsanstrac.files.wordpress.com/2013/04/carte_amerique_sud1.jpg?w=103&h=120)











![Sans titre-11 [800x600]](http://envracetsanstrac.files.wordpress.com/2013/03/sans-titre-11-800x600.jpg?w=300&h=214)



















